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27.04.2007

Comment rire du changement climatique et de la mort ?

Détendons l'atmphère... 

Une brève du Vancouver Sun rapporte les conclusions d'une étude australienne selon laquelle la crémation humaine rejetterait directement 50 kg de CO2 sans compter le CO2 émis par la production d'énergie nécessaire.

Le journaliste propose d'imposer une limitation d'une crémation par personne...

La biodiversité à travers des exemples

Trouvé à partir du blog Un geste par jour, un ouvrage intitulé "La biodiversité à travers des exemples" réalisé par le Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) et disponible sur le site du MEDD (Ministère de l'Environnement et du Développement Durable) .

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Différents thèmes sont traités, dont l'alimentation. Extraits :

Entre un gazon anglais et une prairie naturelle, quel est le milieu le plus productif ? La réponse n’est pas forcément celle qui vient spontanément à l’esprit.

En Amérique du nord, des chercheurs ont réalisé des semis de prairies, en tirant au hasard le nombre et la nature des espèces utilisées, parmi un choix de 32 herbacées. Cette expérience a montré que la productivité, c’est-à-dire la quantité d’herbe produite chaque année, augmente fortement avec le nombre d’espèces (jusqu’à un certain point).

Le facteur le plus important pour une forte productivité est la coexistence d’espèces au fonctionnement écologique distinct (par exemple, capacité ou non à capter l’azote atmosphérique).

Des études menées en Europe ont confirmé le lien entre biodiversité et productivité. Cette relation est avant tout due à la complémentarité et à la coopération entre espèces.

L'industrialisation de l'agriculture passe logiquement à côté de ces mécanismes naturels.

We feed the world

medium_feed.jpg“ Étant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficultés. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné. ” - Jean Ziegler - Rapporteur auprès de l'ONU

Le film We feed the world est sorti ce mercredi 25 avril.

26.04.2007

Résultats en temps réel

Où il est question de proposer "gratuitement" aux ménages du Royaume-Uni des systèmes d'affichage en temps réel de leurs consommations d'électricité. C'est le projet qui devrait être annoncé dans le Livre blanc sur l'énergie qui doit être rendu public prochainement à Londres. La BBC rapporte que cette mesure pourrait être effective dès 2008.

medium__41653638_meter_peaks203more.jpgM. Nicholson de la société More Associates, spécialisée dans le design appliqué au développement durable et qui commercialise une solution d'affichage, indique que ces systèmes peuvent permettre à leurs utilisateurs d'économiser environ 7% sur leur facture d'énergie (un article de The Independent sur le même système donne un potentiel d' économie de 10 à 20%). Il précise également que ces systèmes ne seront massivement adaptés que s'ils affichent des informations adaptées (coût de l'énergie consommée, émissions de CO2).

Enfin, la BBC rappelle que la législation européenne impose aux pays membres de prendre des mesures pour fournir aux consommateurs une information en temps réel sur leurs consommations d'énergie. Je ne sais pas précisément de quel texte il s'agit. A creuser...

Quelques autres systèmes :

En Angleterre, le système Watson de la société DIY Kyoto (traduction à la louche : Kyoto à la maison).

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Ewgeco, un système qui nous vient également du Royaume-Uni, mais d'Ecosse cette fois.
 

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Le Home Joule aux Etats-Unis qui indique les pics de consommation et donc les prix élevé du marché de l'énergie pour permettre des économies aux moments les plus opportuns.

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Le PowerCost Monitor vendu au Canada et qui promet des économies de 5 à 20%.

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Enfin, le ELV Energie Monitor EM 1010 que l'on peut acheter en Allemagne à partir de 50 €. 

En France, la technicité semble être pour l'instant de mise avec les sociétés Fludia ou OmegaWatt qui proposent des solutions techniques. A noter également EDF qui a développé, via sa filiale Edelia, un service de suivi par internet. Il y a là manifestement un manque à combler. Et l'on voit que les anglo-saxons travaillent énormément sur le design et l'intégration de ces systèmes dans nos maisons.

17.04.2007

Et ça continue

Après les artisans, ce sont les architectes qui donnent de la voix par l'intermédiaire de François PELEGRIN, architecte dplg, urbaniste dup, Président d’honneur de l'UNSFA (Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes), qui pousse un coup de gueule dans BatiWeb.

Extrait :

Faut-il condamner les acteurs de la construction et du cadre de vie ?

Les concepteurs et les entrepreneurs conçoivent et construisent en fonction du budget alloué . On serait tenté d’incriminer les maîtres de l’ouvrage (publics ou privés) mais on aurait tort ; ils « font avec » la solvabilité du locataire ou de l’acquéreur et n’ont aucun pouvoir sur cette dernière .

Notre retard en matière de développement durable s’explique donc tout simplement par l’ineptie de nos modes de financement : notre incapacité chronique à ne pas raisonner en « économie globale ». La France est la seule à parler de « surcoût HQE » ? Ailleurs, on a parfaitement compris qu’investir en amont dans la qualité engendre durablement de l’économie pour tous. On préfère s’en prendre aux acteurs. Or ils sont excellents comme ils le démontrent à chaque fois qu’ils sont placés en situation de bien faire . Mais ces occasions sont malheureusement bien rares !

Pourquoi ? Parce que depuis des décennies, nous nous sommes laissé engluer par toutes sortes de réglementations et pratiques obsolètes dont beaucoup semble s’accommoder.

Est-ce notre système législatif à courte échéance (tous les 5 ans) qui interdit toute vision à long terme ?

 

Les professionnels semblent prêts. Il ne manquerait que l'étincelle ? 

 

15.04.2007

C'est quoi la gauche ?

Deux billets qui tombent simultanément dans mes agréagateurs :

Etre ou ne pas être le Petit Chaperon Rouge, Ce qu’être de gauche veut dire face au Grand Méchant Loup où Judith Bernard du Big Bang Blog s'interroge sur ce qu'être de gauche signifie, et

Hommage à Camus. (Pour une gauche libertaire, II.) par Michel Onfray où il précise les contours de la gauche libertaire dont il se revendique en se référant à Camus.

 

Extraits du texte de Judith Bernard (j'ai mis en gras les phrases qui me semblent essentielles) : 

Mais quand on est de gauche on ne croit pas à l’innéité du mal ; on s’efforce donc, tout en sanctionnant l’individu, de ne jamais remettre en cause sa dignité d’être humain, qui fonde la possibilité de sa réinsertion.

Postuler la dignité de tout être humain n’est pas un essentialisme : c’est un humanisme. C’est dire que l’espèce humaine s’incarne en chacun de ses individus, et qu’en chacun, c’est elle qu’on connaît et qu’on reconnaît.

La reconnaître ce n’est pas la tenir pour essentiellement bonne : être « humain trop humain » dit bien ce qu’humanité veut dire. L’humanité ne naît ni bonne ni mauvaise, elle naît et devient, c’est tout ; ce qui la caractérise n’est ni la vocation au bien ni la vocation au mal, c’est le devenir perpétuel, et donc, la malléabilité : infiniment faillible, infiniment perfectible, l’humanité n’est jamais « arrêtée » dans un état.

Cette conception qui place le devenir au cœur de l’humanité fait une large place au libre arbitre, au mérite individuel, à la valeur de chacun. Mais elle entend aussi sa porosité au contexte : car le devenir, c’est toujours la combinaison d’une détermination individuelle et d’une détermination contextuelle - merci de noter l’ambivalence du terme de détermination. La gauche ne veut pas l’ignorer et c’est pourquoi elle s’efforce d’interroger systématiquement le contexte qui a favorisé l’apparition du mal chez l’individu qui s’en est rendu coupable, afin d’éviter autant que possible que les mêmes causes contextuelles produisent les mêmes effets délictueux.

J’entends les sarkozistes me crier vous défendez les délinquants mais les victimes, vous ne les respectez pas, les victimes ? Si, et toutes, justement, non pas en tant que victimes mais en tant qu’êtres humains, et par principe : et donc mon respect ne s’arrête pas à la victime la plus immédiate, la plus visible, la plus « innocente ». La pensée de gauche est une pensée de l’Autre, qui va au bout de l’altérité et ne s’arrête pas à l’identification la plus naturelle, vers mon semblable : la victime qui me ressemble. Elle va au bout de la chaîne rencontrer le « bourreau », humain lui aussi, tout autant que sa victime. Du pédophile elle écoutera l’histoire : dans la majorité des cas, ce fut un enfant abusé, parfois incestué comme disent certains psys. Comme les parents violents furent des enfants battus. Comme la plupart des auteurs de violence sont des êtres violentés, par des personnes ou par des contextes. Comment peut-on être violenté par le contexte ? Imaginez, juste : vous êtes pauvre, sans emploi, ghettoïsé, déraciné, sans espoir : vous êtes violenté par votre contexte.

Ça n’excuse pas : ça explique. Il faut sanctionner, c’est même essentiel : sinon ce serait mépriser chez l’individu sa part de libre arbitre, ce qui serait aussi un déni d’humanité (...).

Il faut sanctionner mais il faut comprendre aussi : comprendre non pour absoudre, oh non SURTOUT PAS, mais pour prévenir. Prévenir, c’est agir sur la violence du contexte : c’est lutter prioritairement contre la pauvreté, l’exclusion, l’humiliation, contexte de toutes les violences. C’est considérer que c’est là qu’est la source du mal : non dans les individus, mais dans les phénomènes où ils sont piégés, qui limite leur libre arbitre à une gesticulation vaine dans un contexte poussant à l’inertie.

C'est très clair et ça va mieux en l'écrivant : la pensée de gauche est une pensée de l'Autre. Elle est donc complexe et, par nature, va au-delà de la simplicité des apparences. Je m'inscris complètement dans cette présentation. Mais il me semble que la pensée de gauche classique se limite en ne prenant pas en compte le contexte extra-social, la grande maison, cette bonne vieille Terre. Il me semble que la pensée écologiste est une pensée de gauche qui a franchi un palier, un seuil, en réinscrivant l'humanité dans son environnement plus global.

 

Extraits du texte de Michel Onfray :

Car la gauche est nécessaire à la lutte contre les nouveaux totalitarismes qui se profilent – religieux, informatiques, médiatiques, économiques, libéraux, financiers … Et la gauche antilibérale contemporaine n’a pas évacué tous les cadavres dans le placard, ni congédié clairement toutes les ombres sinistres au tableau.
Cette gauche là, la gauche nouvelle et à venir, je la nomme gauche libertaire, celle qui n’oublie pas que Proudhon la fonda en son temps, certes, mais qu’un siècle et demi nous sépare de cette première formule , et qu’il y eut depuis matière à ajustements dialectiques. Parmi les pensées intermédiaires entre Qu’est-ce que la propriété ? (1844) et l’année présidentielle 2007, il y eut, par exemple, un Georges Palante, un Jean Grenier, un Albert Camus, accompagnés de Louis Guilloux ou de Roger Martin du Gard, autant de comparses qui reprenaient le flambeau d’une philosophie de la misère qui ne soit pas une misère de la philosophie . Ceux-là voulaient la justice et la liberté quand, parfois, souvent dans l’histoire, la gauche revendique la justice sans souci de liberté, et la droite la liberté sans souci de la justice. Camus voulait les deux : justice et liberté. Dès lors, il eut souvent contre lui, et la droite, et la gauche…

(...)

Camus propose une pensée politique « modeste », c’est son mot dans Caliban en novembre 1948. C'est-à-dire ? Débarrassée du prophétisme, du messianisme, et de la perspective de réaliser le paradis sur terre. Cette modestie suppose une tension dialectique résolue entre deux forces utiles ensemble, mais néfastes séparées : révolte et révolution, justice et liberté. Car que serait une révolte seule ? Un cri inutile, une manifestation vaine, un genre de prurit sans effets, sans causes et sans suite. Et une révolution seule ? Une orthodoxie générant un catéchisme, puis des hétérodoxies à museler.
Même chose avec la justice : sans la liberté, elle produit un cauchemar disciplinaire, tout autant qu’une liberté sans justice , l’autre nom de la barbarie libérale, autrement dit la sauvagerie, la loi de la jungle…

(...)

Camus pense que les moyens et les fins doivent entretenir une relation intime car on ne peut parvenir à quelque chose de moralement défendable (la justice sociale, la fraternité d’une communauté, la dignité d’un peuple, l’humanité d’un monde) en mettant en œuvre des moyens indéfendables (une dictature sanglante, des camps de concentration, la répression policière, la guillotine, etc).

 

 Là encore, je me retrouve dans cette recherche nécessaire du dépassement trop souvent accepté entre justice et liberté et dans le refus d'une fin qui justifierait tous les moyens. Les modèles habituels ont fait la preuve de leur inefficacité. Il est nécessaire d'aller au-delà des apparences, des idées trop simples et des politiques purement gestionnaires.

14.04.2007

La mesure de la colère

Jacques a dit :  

L’intégrisme n’est que la mesure de la colère ; il n’en est pas la cause.

 

Et les artisans

La note précédente était consacrée à la mise en place d'une solution de financement pour les travaux de réhabilitation thermique des logements. Les banques bougent, c'est bien. Mais il ne faut pas oublier ceux sans qui rien ne peut se faire : les artisans.

Et il est à noter qu'ils se mettent eux aussi en mouvement. La CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment : 100 000 entreprises) tenait son assemblée générale les 5 et 6 avril dernier à Paris. Son président, Jean Lardin, a fait le point dans une interview au Moniteur sur les enjeux que les artisans doivent s'approprier pour éviter de voir les marchés leur échapper.

 

Il nous faut changer d’échelle ! Après moult hésitations, un arsenal énorme de mesures se met en place. Si nous n'en comprenons pas le sens, nous allons le subir plutôt que de l'utiliser à notre avantage. Je proposerai aux artisans de s'emparer à bras le corps de l'idée même du développement durable et d'entrer dans une stratégie de l’offre.

 C'est une excellente nouvelle que cette proposition d'entrer dans une stratégie de l'offre. Les particuliers sont actuellement demandeurs de solutions innovantes, et ce n'est qu'un début. Rester en retrait et attendre que d'autres prennent la main, c'est laisser filer le train des travaux d'amélioration thermique des logements. 

 

Comment toucher les particuliers ?
L'Etat a, bien sûr, l'habitude de travailler avec de grands relais mais pour toucher les particuliers, il faut s'appuyer sur les 350 000 entreprises du bâtiment. Ce sont les réels prescripteurs, capables de répondre à un enjeu considérable. Pour tenir les objectifs du facteur 4, pas moins de 20 millions de logements sont à rénover d’ici 2050 : Imaginez, plus de 450 000 par an.

 Là encore, il est très agréable de constater que le message du facteur 4, des objectifs associés et des changements d'échelle que cela entraîne diffuse au niveau des organisations professionnelles du bâtiment. L'Etat sera-t-il le dernier à comprendre cela ? Réponse le 22 avril, puis le 06 mai ?

 

 A lire : la bonne synthèse de la problématique toujours dans le Moniteur.

Prêt pour les travaux

Dans le domaine de la réhabilitation thermique des logements, chantier majeur pour qui prétend réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du bâtiment, les problèmes sont nombreux. Parmi les freins récurrents, il y a celui du financement. Le Crédit Foncier vient d'apporter sa pierre à l'édifice en lançant son prêt Foncier Evolution Energie.

Qu'a-t-il de particulier ce prêt ? Il intègre dans le calcul de la capacité de financement du ménage les économies de charge que les travaux ainsi financés pourront générer. Cela permet, soit d'emprunter plus, soit de réduire la durée de remboursement.

Exemple:

vous réalisez des travaux d’économie d’énergie vous permettant d’économiser 50 € par mois sur votre facture d’électricité. Nous allons intégrer dans votre capacité de remboursement 70 % de l’économie réalisée soit 35 € . Pour un financement sur 10 ans, cette capacité de remboursement supplémentaire de 35 € que vous allez affecter au remboursement de votre mensualité vous permet :

  soit d’emprunter 3 500 € en plus du montant prévu à l’origine : vous pouvez dans ce cas effectuer dès maintenant des travaux plus importants.
  soit de rembourser sur une durée plus courte : la durée du prêt passant dans cet exemple de 10 à 8 ans.

Par ailleurs, ce prêt est sans garantie demandée jusqu'à 35 000 €, sur une durée de financement pouvant aller jusqu'à 20 ans. Il a été manifestement conçu pour financer les travaux de réhabilitation importante, et ça, c'est bien !

Allez, il n'y a plus qu'à travailler sur les solutions d'isolation par l'extérieur, convaincre les architectes des bâtiments de France que préservation doit rimer avec évolution, motiver les entreprises et artisans du BTP à se lancer dans la réhab', populariser tout ça, faire évoluer la représentation d'un logement économe, améliorer la réglementation sur l'ancien, etc. Bref, il y a encore du boulot avant d'être prêt à réhabiliter tous les biens immobiliers lors de leur mise en vente. Mais vu qu'il n'y a pas vraiment d'alternative pour se cogner le facteur 4, il faut expliquer, convaincre, motiver et mettre sur pieds.

Allez hop ! Au boulot.

13.04.2007

Du courage et de l'utopie

C'est ce que réclame

 

Depuis (les désillusions de 1981 et 1995), la politique française erre dans la gestion épicière des petites nécessités du moment et se méfie de l’audace comme de son ombre. Quel parti la campagne électorale présidentielle, ouverte officiellement le lundi 9 avril, prendra-t-elle ? Celui, encore, de l’attentisme et du renoncement ? Ou bien celui du courage et de l’utopie ? Le réchauffement climatique, la crise énergétique, l’anémie européenne, l’anorexie universitaire, les faiblesses chroniques de l’école, la surcharge pondérale de la dette, la réforme de la politique agricole, le chantier de la solidarité laissent-ils vraiment le choix ? On en débat. Si nous étions sérieux, on changerait tout. Le mode de développement économique. Il produit tant de gaz à effet de serre que les plus grands experts internationaux nous annoncent les pires catastrophes climatiques. La consommation énergétique, insouciante et gaspilleuse.

(...)

Des pères de l’Union européenne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Sir Nicholas Stern dont le rapport au gouvernement de Tony Blair a fait l’effet d’une bombe, en passant par René Dumont ou, plus près de nous, Michel Pébereau et Michel Camdessus, ou encore le Groupe d’experts international d’étude du climat, la liste est longue de ceux qui nous demandent, qui nous supplient, qui nous implorent de modifier profondément notre façon de vivre.

Jusqu’à présent nous ne les avons écoutés que d’une oreille distraite. Par réflexe égoïste naturel. Et parce qu’aussi les réalisations qui ont été opposées aux maux ont instillé le doute. (??) Le développement durable a été inscrit dans la constitution mais, concrètement, nous ne faisons pas ce qu’il faut pour honorer les engagements de Kyoto et nous continuons à ratiociner pour échapper à l’amende que nous vaut le non-respect des normes fixées il y a plus de trente ans pour la qualité de l’eau. L’État nous demande à chacun des efforts mais il s’avère être le gaspilleur en chef de l’argent public.

 

Je crois en effet que les enjeux majeurs n'ont pas été réellement abordés dans cette campagne qui va vers sa fin. Malgré Nicolas Hulot et l'émergence d'une blogosphère citoyenne qui pousse dans cette direction (le réseau freemen), on est encore englué dans cette gestion épicière. Aucune personnalité politique n'émerge actuellement en France pour se saisir des enjeux majeurs et proposer une vision de notre pays. Et pourtant, on en aurait bien besoin pour s'extraire de cette morosité dépression dans laquelle le système actuel nous enferme.

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