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21.06.2007
From Sevillem with l@ve
19:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.06.2007
44 % des députés ont signé le pacte écologique
Je viens de vérifier. Sur les 577 députés élus dimanche, 256 ont signé le pacte écologique des législatives (liste complète). C'est pas mal quand même, non ? Mais c'est vrai que quand on regarde les signataires, il y a à boire et à manger : on croise Eric Raoult, André Santini, Nicolas Dupont-Aignan, Christian Bataille (comme quoi on peut être radioactif et signataire du pacte ! ) tout comme Nathalie Kosciusko-Morizet, Yves Cochet, ou encore Philippe Tourtelier (secrétaire de la mission d'information sur l'effet de serre dont NKM était rapporteur et dont le rapport est disponible ici).
Pour mémoire, signer le pacte engage à :
- Considérer les enjeux écologiques comme une priorité commune qui dépasse les clivages entre partis politiques et faire de la France un pays exemplaire en matière de développement durable.
- Faire de la lutte contre le changement climatique et de la préservation de la biodiversité les déterminants majeurs de l'action publique.
- Engager immédiatement une révision fondamentale des politiques de l'énergie, du transport et de l'agriculture.
- Défendre des propositions en cohérence avec les objectifs et propositions du Pacte écologique.
- Mettre en place les outils économiques, juridiques, technologiques et éducatifs pour adapter ou réduire notre consommation en fonction des exigences écologiques et sociales actuelles et futures.
- Me prononcer sur la proposition concrète visant à adapter le fonctionnement des assemblées parlementaires aux objectifs du Pacte (notamment par la création d'une commission permanente et/ou d'une délégation au développement durable).
- Prendre des positions sur les problématiques locales en cohérence avec le Pacte écologique.
- Accepter et maintenir un dialogue régulier sur les grands enjeux écologiques avec les ONG environnementales.
La proposition concrète dont il est question s'avère être en fait une triple demande :
> Créer à l'Assemblée nationale et au Sénat une commission permanente du développement durable.
> Créer une délégation parlementaire au développement durable.
> Créer des rapporteurs généraux du développement durable dans chaque commission en complément de la délégation parlementaire au développement durable.
Bon, une commission permanente, une délégation parlementaire et des rapporteurs généraux dans chaque commission, c'est bien joli, mais ça signifie quoi ? Ca signifie donner un rôle à l'assemblée sur cette question à l'assemblée et les moyens de ses investigations. La création d'une commission permanente nécessite une révision constitutionnelle, mais une délégation parlementaire pourrait être créée très rapidement.
Ce que j'apprécie dans les engagements qu'a soumis Nicolas Hulot aux candidats aux différentes élections, c'est qu'il s'agit d'un mélange de principes (faire de la lutte contre le changement climatique et de la préservation de la biodiversité les déterminants majeurs de l'action publique) et d'engagements structurels (la création du poste de vice-premier ministre qui donne finalement naissance au grand ministère de l'écologie ou encore ces propositions pour adapter le fonctionnement des assemblées parlementaires aux objectifs du Pacte).
23:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le nucléaire, fausse solution pour le climat
Les 440 réacteurs nucléaires en activité dans le monde permettent seulement d'éviter 4 à 6 % de nos émissions de CO2. Les réserves d'uranium naturel sont estimées à soixante-dix ans environ au rythme de consommation actuelle. L'adoption par tous les pays industrialisés du soi-disant modèle français (soit 17 % de l'énergie d'origine nucléaire) épuiserait ces réserves en une décennie.
Source : Greenpeace magazine, été 2007
00:18 Publié dans Climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.06.2007
De Truffaut aux arbres du mal
Hier, après avoir voté, je suis allé faire un tour chez Truffaut avec en tête mes réflexions sur le crime global que constitue le massacre des forêts primaires. Je suis donc allé fureter du côté des salons de jardin pour voir quels bois sont utilisés, leur provenance, et si des labels viennent tenter de garantir tout ça.
Résultat des courses : du teck d'Indonésie sur quasiment tous les modèles que j'ai vus, une étiquette avec teck du Vietnam, et une pour du robinier de Pologne (robinier qui n'est autre que de l'acacia, merci Wikipedia). Des labels ? Aucun.
Pour lever mes doutes, je viens de consulter les résultats de l'enquête 2007 du WWF dans le cadre de sa campagne « Je dis non au bois illégal ».
Les résultats sont synthétisés dans ce tableau. Assez éloquent, non ?
Plus précisément :
Truffaut
Note : 2,2/20
Une offre en bois certifié FSC réduite à 9%. Aucune valorisation de ce mobilier. Le reste des produits provient potentiellement de l'exploitation illégale des forêts. 1 mobilier sur 5 peut provenir d'une essence d'arbre menacée.
Effectivement, si le teck vient d'Indonésie, il a toutes les chances de provenir de l'exploitation illégale de forêts puisque dans ce pays les volumes de bois illégal sont de 73 % de l'ensemble de la production. Plus largement, c'est près de 40 % des importations françaises de bois tropical qui seraient issues d'exploitation illégale. Et quelle provenance pour ce bois ?
Et le WWF ajoute :
Et plus loin :

Pour résumer.
Le mobilier de jardin que l'on achète inconsciemment (une fois que l'on est averti, non seulement on en vaut deux, mais surtout on n'achète plus son mobilier de jardin de la même façon, n'est ce pas ?), provient donc vraisemblablement d'une forêt dévastée qui a été remplacée par une monoculture d'huile de palme destinée à la production d'agrocarburant que l'on achètera, là encore inconsciemment, pour remplir le réservoir de sa chère voiture. Le tout en ayant bonne conscience puisqu'on a acheté du bois plutôt que du plastique et du biocarburant plutôt que du sans plomb. Magique, non ? Tout se tient, les intermédiaires se remplissent les poches, les populations locales on s'en cogne (voire on les cogne) et le reste basta !
23:27 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.06.2007
La nouvelle frontière de l'exploitation forestière
L'exploitation forestière est devenue l'utilisation de sol la plus extensive en Afrique Centrale avec plus de 600 000 km² de forêt actuellement en concession. Grâce à une série d'images satellites couvrant la période de 1976 à 2003, nous avons mesuré 51 916 km de nouvelles routes forestières. La densité de routes à travers la région forestière était de 0,03 km par km², mais des zones du Gabon et de Guinée Equatoriale dépassent le chiffre de 0,09 km par km². Une nouvelle frontière de l'expansion de l'exploitation forestière a été identifiée à l'intérieur de la République Démoncratique du Congo, qui contient 63 % de la forêt restante de la région.
Cameroon (1), Central African Republic (2), Equatorial Guinea (3), Gabon
(4), Republic of Congo (5), Democratic Republic of Congo (6).
Plus d'infos en français disponibles dans l'article de Mediaterre :
Les auteurs de l'étude indiquent que les coupes industrielles sont essentiellement sélectives et portent sur des arbres à haute valeur ajoutée à l'export tels que les acajous africains. Ils rappellent par ailleurs le lien entre la déforestation et le changement climatique : on estime ainsi que chaque année, la déforestation tropicale engendre la même quantité de gaz à effet de serre (GES) que les Etats-Unis, soit plus de 20% des émissions mondiales de gaz carbonique (CO2). La destruction annuelle de 15 millions d'hectares de forêt équivaut à l'injection de plus de 1,5 milliard de tonnes de carbone dans l'atmosphère.
Il est très clair que ce sont les marchés occidentaux qui créent la demande en bois tropical. Demande qui donne de la valeur à ces arbres et en font la cible des compagnies forestières. Par ailleurs, on assiste là à un crime environnemental global : destruction d'une biodiversité d'une richesse inouïe et émissions massives de gaz à effet de serre. Les premières victimes sont sur place, toutes les autres peuplent cette planète.
22:50 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.06.2007
Rendre le pollueur visible
J'avais écrit un billet à propos des usines d'agrocarburants de l'Iowa qui se sont rendues coupable de pollutions. Alexis rajoute dans Ecopolit qu'une carte google a été réalisée qui permet de visualiser l'ensemble des usines d'agrocarburant et de voir celles qui polluent.

On peut accéder à la carte ici et connaître pour chaque usine le détail des infractions constatées.
22:25 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.06.2007
Le principe même du totalitarisme
"Dans leur impatience transgressive, les nouveaux libertaires en arrivent surtout à oublier ce qui préoccupait tant Hannah Arendt, à savoir que le refus des limites, l'exaltation du "tout est permis" et ipso facto du "tout est possible" constituent le principe même du totalitarisme."
23:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La guerre du maïs aura-t-elle lieu ?
Cette nouvelle utilisation du maïs leur pose problème compte tenu du niveau de l'objectif annoncé. En effet, au moins un tiers des cultures de maïs sera alors exclusivement consacré à la production de carburant et le besoin en surfaces cultivées augmentera de 350 000 km². Cela pose problème en terme d'érosion des sols et de consommation d'eau. Mais ce que craignent surtout les industriels de l'agro-alimentaire, c'est que la culture du maïs empiète alors sur celle du blé, ce qui aurait pour effet immédiat de faire monter les cours mondiaux et poserait des problèmes d'approvisionnement.
Tout à fait dans la lignée de ce que je rapportais précédemment. Mais ce qui est intéressant, c'est que là ce ne sont pas les plus démunis, pourtant directement impactés par la hausse des prix du maïs, qui se font entendre. Non, ce sont des multinationales qui montent en première ligne. Pas n'importe qui, vous l'avouerez. Va-t-on vers une guerre des ressources qui verraient s'affronter non pas des Etats-nations, mais des multinationales ?
De l'autre côté du Pacifique, les dirigeants chinois font face à une hausse du prix du porc suite à la peste porcine, la maladie de "l'oreille bleue", qui a déjà tué 18.000 porcs et contaminé plus de 27.000 autres en Chine. Julia/Guy-Philippe l'évoque en expliquant que l'inflation du prix du porc s'est déjà communiquée au prix des oeufs. Elle/il rappelle qu'"il y a dix-huit ans, c'est une crise d'inflation qui a jeté dans la rue étudiants, ouvriers et paysans. Ce mouvement de masse s'est terminé par le massacre de Tienanmen."
Le maïs étant l'aliment principal du porc des campagnes en Chine, le doublement du prix des contrats à terme sur le maïs aux Etats-Unis est un élément d'alerte supplémentaire. C'est dans ce contexte que Beijing a donc annoncé un moratoire sur la production de biocarburant. Les quatre producteurs chinois
d'éthanol vont devoir utiliser du sorgho et du manioc.
21:30 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Chauffeurs informés, CO2 évité
Quimper communauté a financé l'installation d'ordinateurs de bord pour mesurer les consommations en carburant et réduire les rejets de CO2. Une diminution de 5 % réduirait les rejets de 123 tonnes. Cinq bus ont été équipés pour 13 000 euros. Le conducteur peut ainsi voir, en direct, sa consommation. Parallèlement, un plan de formation est lancé. À raison de vingt-cinq conducteurs par an, les cent chauffeurs seront sensibilisés à la conduite en douceur d'ici 2010. Chacun disposera d'un badge personnel à introduire dans le système embarqué pour suivre sa consommation. Si l'objectif de 5 % est atteint, une partie de l'économie réalisée sera redistribuée aux salariés. Le montant du contrat qui lie l'agglomération à Kéolis, société qui gère le réseau de bus, pourra également être revu à la baisse. Actuellement, les bus (22 au diester et 19 au gaz naturel) consomment en moyenne 45 litres au cent, pour un coût de 900 000 euros par an.
Plus d'infos sur le site de Quimper Communauté
L'objectif est une réduction de 5 à 10 % du carburant consommé d'ici 2010. Le badge personnel du conducteur permettra un suivi personnalisé des consommations et cette information lui sera communiqué tous les mois. Il y a donc visualisation instantanée de la consommation sur le boîtier du bus, et retour d'information chaque mois pour la consommation totale et moyenne. L'information est pertinente dans les deux cas et place le conducteur dans une logique d'amélioration continue de ses performances. D'autant plus que 30 % de l'économie réalisée (une fois l'objectif des 5 % de réduction atteint) sera reversée au conducteur, ce qui pourrait représenter 125 € par an pour 5 % d'économie de carburant.12:30 Publié dans Economies d'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.06.2007
Déchèteries et pesticides
Pour poursuivre avec les pesticides, je voudrais relayer les résultats de l'enquête régionale "Déchèteries et pesticides" menée par la Maison de la Consommation et de l'Environnement (MCE) de Rennes entre décembre 2005 et février 2006.
Quel est le circuit de fin de vie des pesticides ramenés en déchèterie par les particuliers ?

1. Les particuliers ont des pesticides non utilisés chez eux.
2. Ils les apportent dans une déchèterie les acceptant.
3. La collectivité qui gère la déchèterie les stocke avec les autres DMS (déchets ménagers spéciaux).
4. Un collecteur vient chercher ces pesticides pour les amener sur une plate-forme de transit de DMS où les DMS sont regroupés les uns avec les autres.
5. Un collecteur vient chercher ces pesticides pour les amener sur une plate-forme de regroupement où ils sont déconditionnés et regroupés par catégories de produits chimiques.
6. Un collecteur vient ensuite chercher ces pesticides pour les emmener vers l’unité de traitement approprié :
- soit dans un centre d’enfouissement (CSDU1) (5% des cas)
- soit dans une usine d’incinération de produits toxiques (95% des cas)
7. Avant d’être incinérés, certains pesticides font l’objet d’un traitement physico-chimique.
8. Les résidus toxiques de l’incinération partent en CSDU1.
Les 63 collectivités ayant répondu travaillent avec quatre groupes industriels : Véolia, Chimirec, Séché et Suez. La collecte et le traitement sont sous-traité à une société unique. Mais Chimirec et Suez qui n'ont pas d'usine d'incinération de pesticide sous-traitent systématiquement l'incinération à l'un des deux autres groupes. Très majoritairement, les pesticides collectés dans l’Ouest sont incinérés dans 2 usines :
- SARP industries à Limay (78) groupe Véolia
- TREDI à Salaise sur Sanne (38) groupe Séché
- SOLAMAT-MEREX à Rognac (13) groupe Véolia
- SIAP à Bassens (33) groupe Véolia

- Rennes métropole : Rennes (35) – Saint Herblain (44) – Limay (78) = 523 Kms
- Brest métropole Océane : Brest (29) – Javené (35) – Salaise (38) = 1 062 Kms
- Sictom des Chatelets : Saint Brieuc (22) – Javené (35) – Salaise (38) = 919 Kms
- CA du Pays de Lorient : Lorient (56) – Saint Jacques de la Lande (35) – Salaise (38) = 943 Kms
* sans compter le circuit : déchèteries – centre de transit
Le traitement des pesticides correspond à beaucoup de transports par camion avec des distances de l'ordre de 1 000 km qui sont tout à fait courantes.
La tonne de pesticides est facturée en moyenne 1 543 euros HT par les sociétés de collecte et de traitement.
A l'heure actuelle, les industries phyto-sanitaires ne contribuent pas financièrement à la collecte et au traitement des pesticides des particuliers.
23:47 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



