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20.08.2007
Clooney, Dominici et Laporte contre le changement climatique (ou comment faire un bon titre)
Ce week-end, visite familiale. Mon cousin travaille dans une entreprise qui vend des emballages. Il gère les approvisionnements, commande sa marchandise à ses fournisseurs pour avoir le moins de stock possible (ça coûte de l'argent) tout en s'assurant de répondre sous 48h à ses clients (l'engagement de sa boîte). Pour être efficace, il passe de nombreuses commandes parfois plusieurs par semaine à un même fournisseur. Il est clair que ce système est peut-être bon pour les affaires, mais l'est nettement moins pour le climat. Il a conscience des impacts négatifs de son boulot, mais ce qui compte avant tout à ses yeux est de s'acquitter au mieux de sa tâche. Il se dit qu'il compense en prenant le RER plutôt que sa voiture pour aller au boulot en semaine.
Autre domaine : les vacances. Il aime la randonnée et les pays lointains, très très lointains, du genre de l'autre côté d'un océan ou de l'équateur, ou des deux. Donc chaque année, c'est stage de trekking/randonnée en Afrique du Sud, dans la Cordillère des Andes, voire au Canada. Il prend donc l'avion chaque année pour son plaisir personnel, tout en ayant conscience qu'il participe de cette façon à un phénomène dont il s'inquiète par ailleurs. Egoïsme ? Sans doute... Incohérence ? Surement... Toujours est-il que mon cousin me semble assez représentatif de cette schyzophrénie entre nos comportements et nos pensées.
On sait qu'on devrait... qu'il faudrait... surtout que l'on fait partie de cette minorité de la population mondiale qui a accès à de nombreux services et dépense plus d'énergie que les autres. Alors quoi ? Comment faire en sorte que nos comportements individuels, puis nos structures collectives, évoluent vers moins de gaspillage, plus de sobriété et de solidarité ? Les pistes à explorer sont nombreuses. Quelles sont les raisons de nos comportements ? Comment les modifier ? Beaucoup de professionnels ont déjà réfléchi à ces questions : les publicitaires ! Et, si mes souvenirs de lecture de No Logo ne sont pas trop mauvais, le résultat de leurs cogitations a été que la meilleure façon de vendre un produit était de lui attacher des valeurs.
Vous n'achetez pas des chaussures de sport, mais la confiance en vous.
Vous n'achetez pas une voiture, mais la liberté.
Vous n'achetez pas un téléphone portable, mais la branchitude.
Vous n'achetez pas du café, mais Georges Clooney "qui d'autre ?".
Vous n'achetez pas un shampooing anti-pellicule, mais Christophe Dominici.
Vous n'achetez pas deux tranches de jambon sans goût, mais Bernard Laporte.
Bref, les publicitaires ont bien compris que nous expliquer par A+B qu'un produit est le meilleur n'était pas synonyme d'adhésion du consommateur. Eh bien pour le changement climatique, c'est pareil. Notre communication actuelle est beaucoup trop institutionnelle et n'est pas adaptée pour nous faire changer nos comportements. Elle pourrait même être contre-productive. (A suivre)
17:00
Publié dans Climat |
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