08.06.2007

lots of bullshit

Alors que Le Monde se faisait l'écho d'une déclaration de Giovanni Bisignani, le patron de l'Association internationale du transport aérien (Iata) : 

"D'ici à cinquante ans, l'industrie aéronautique doit être capable de construire un avion non polluant qui n'émettra plus de CO2. Je suis sûr que la recherche peut trouver des solutions pour atteindre cet objectif"

le Guardian, dans son édition du 6 juin, retranscrit les doutes (hum...) de Leo Van Wijk, vice-président d’Air France-KLM :

 "Nous savons très bien qu’il n’est pas possible de diminuer à court terme nos émissions de CO2".

 Il me serait presque sympathique de Van Wijk ! :)

Les plus vulnérables seront... les plus touchés

Histoire d'en remettre une couche sur les problèmes que pose le développement des agro-carburants, voici une brève du Journal de l'Environnement sur l'augmentation de la facture alimentaire dans le monde principalement due à la forte demande en agro-carburants. D'après les chiffres de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l'augmentation globale est de 5%, mais l'organisation explique également que :

«Les pays en développement, dans leur ensemble, devraient être confrontés à une augmentation de 9% de leurs dépenses globales d’importations alimentaires en 2007. Ce sont les pays économiquement les plus vulnérables qui seront les plus touchés, les dépenses totales des pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) et des pays moins avancés (PMA) étant susceptibles de s’alourdir de 10% par rapport à l’an passé»

 Nos fausses solutions sont leurs vrais problèmes !

Les agro-carburants ne sont vraiment pas bio

Vous allez finir par croire que je devienssuis fainéant à recaser du texte que je n'ai pas écrit. Peut-être, mais cette info parue dans la lettre USA de l'Adit me semble d'importance à l'heure où les bio-carburants (oups ! excusez moi, je me laisse enfermer par les mots) les agro-carburants font parler d'eux comme une alternative aux produits pétroliers.

 

L'industrie de l'éthanol multiplie les infractions environnementales en Iowa
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/43162.htm

Les biocarburants sont l'une des alternatives aux carburants fossiles particulièrement mises en avant par les Etats-Unis. L'Iowa est devenu en quelques temps le premier Etat producteur de bioéthanol avec 1/3 des capacités de productions américaines. Il existe actuellement en Iowa 28 sites de production d'éthanol produisant 7,1 milliards de litres par an (et 19 sites équivalent à 5,3 milliards de litres par an en cours de construction) et 10 sites de production de biodiesel produisant 625 millions de litres par an (et 4 sites équivalent à 568 millions de litres par an en cours de construction).

Le développement de cette industrie ne se fait pas sans conséquences. Ainsi au cours des six dernières années, plus de 394 infractions aux réglementations environnementales ont été détectées dans l'Etat. Les problèmes sont multiples, puisque sont concernés les rejets dans l'air, l'eau et le sol. Le nombre d'installations concernées (22 sur 34) est également important.

Le problème le plus fréquent, détecté sur 11 installations, est le rejet d'effluents dont les concentrations en sels, fer et parfois en matière organique sont trop élevées. Ces effluents sont générés lors la purification de l'eau qui sera utilisée pour produire l'éthanol. Les émissions de polluants atmosphériques, et plus spécifiquement de particules (générées lors de la manipulation de la matière première, le maïs) et de composés organiques volatiles (générés lors de la fermentation et de la distillation de l'éthanol), dont certains sont carcinogènes, sont aussi un problème fréquent, détecté sur 6 sites.

A ces problèmes de rejets s'ajoutent celui de la consommation d'eau élevée de ces usines (3 à 4 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 litre d'éthanol) et les problèmes associés à l'augmentation des surfaces agricoles (érosion des sols, perte de biodiversité...). En Iowa ce seraient en effet 2000km2 de terrain, aujourd'hui mis en réserve à des fins de conservation environnementale dans le cadre du "Conservation Reserve Program", qui seraient reconvertis en terres agricoles dans les années à venir. Ces difficultés associées à la production de l'éthanol s'ajoutent aux questions qui se posent quant aux bénéfices réels du carburant (bilan énergétique du cycle de vie de l'éthanol, émission de volatils imbrûlés lors de la combustion).

Pour en savoir plus, contacts :
- Biosmog, BE Etats-Unis #76, 04/2007
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/042/424...
- Les cultures énergétiques, potentielles espèces invasives ?, BE Etats-Unis #53, 10/2006
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/039/397...
- Al-coal, BE Etats-Unis #37, 06/2006
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/033/339...
- De Berkeley à Cornell, l'étendard de la querelle est Brandy, BE Etats-Unis # 20, 02/2006
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/031/319...
- BP fait un don de 500 millions de dollars pour un nouvel institut consacré aux bioénergies, BE Etats-Unis #65, 02/2007
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/041/412...
Code brève
ADIT : 43162
Source :
Dossier : "Fueling Iowa's Future", Des Moines Register, 06/2007 : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qq9io
Rédacteur : Elodie Pasco, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org

 
Il faut bien avoir conscience que ces agro-carburants n'étant pas issus de cultures destinées à la consommations, les pesticides et OGM seront abondament utilisés. Au diable les conséquences sur l'environnement, la perte de bio-diversité et l'érosion des sols dus à cette agriculture particulièrement intensive.

Que faire ? Refuser les discours simplistes, s'employer à démasquer les impostures et laisser autant que possible sa voiture au garage.

31.05.2007

Rennes - Seville

Bon alors comment faire pour se rendre à Séville depuis Rennes en étant le plus écologique possible ?

J'interroge Google maps pour connaître l'itinéraire en voiture et la distance que cela représente. Verdict : 1617 km à faire en environ 16h30 de route. Aouch...

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Seconde étape : sncf.com. J'ai dit précédemment tout le mal que je pensais du site pour l'international, mais essayons quand même. Et pour simplifier la chose, partons de Paris. Résultat : une proposition... non vendue sur Internet. :( Train de nuit Paris-Madrid, changement de gare, puis Madrid Seville. Durée du trajet 16h47. Si je rajoute le Rennes-Paris, ça me fait 20h25 de trajet. Le hic : j'arrive à midi alors qu'il faudrait que je sois sur place dès le matin. Aïe !

Troisième étape : Die Bahn. Et je leur fais confiance, je pars directement de Rennes. Résultat : quatre propositions... moins rapides que celle de la sncf. Le trajet le moins long dure tout de même 23h25. Mais il y en a une qui me fait arriver le matin à 8h40 à Séville. Le trajet est différent : Rennes - Lyon - Montpellier - Barcelone - changement de gare - Seville. Trois changements en 24h. Ouf...

Quatrième étape : l'avion. Le site d'Air France m'indique quatre possibilités au départ de Rennes avec changement d'aéroport à Paris (ou pas), le tout pour une durée comprise entre 6h05 et 8h40 et au moment de ma recherche 282 €. Bon, il faut rajouter mettons 1h30 de présence à l'aéroport de Rennes avant le départ. Mais on reste entre 7h35 et 10h15. J'arrive la veille à Seville donc il faudrait rajouter le coût de l'hôtel pour être plus complet.

Donc si je m'en tiens là (le site des chemins de fer suisse est indisponible actuellement), j'ai le choix entre 24h de train et j'arrive au matin pour travailler à un prix pour le moment inconnu et 8h avec l'avion et j'arrive la veille au soir pour me reposer dans un hôtel avant d'aborder les deux journées de travail. Spontanément, je dois bien dire que l'avantage est à l'avion. Et je ne parle pas du retour !

Mais voilà... qu'est-ce que je fais de mes principes ??? Quelles sont les émissions de GES de ces deux solutions ? Allons voir l'éco-comparateur de la sncf.
Suspense... Résultat : Aucune proposition de train ou de vol n'est disponible pour votre voyage. L'outil est décidément à améliorer si on veut que les utilisateurs avertis et courageux puissent comparer les émissions de GES au moment de planifier leurs déplacements.

Alors que faire ? Train ? Avion ? Avion + compensation comme vient de le faire Bix pour son Paris-Berlin ?

30.05.2007

Le train plus que l'avion

Depuis que j'ai pris conscience du défi que représente le changement/réchauffement climatique, j'ai fait évoluer un certain nombre de mes comportements. J'essaye de mettre mes actes en cohérence avec mes discours. En particulier dans le domaine du transport.

Il y a quelques mois, j'ai du me rendre à Bratislava pour deux jours. La solution la plus simple était de prendre l'avion à Paris. J'ai pas mal cherché et j'ai fini par trouver (pas sur le site de la sncf qui est nul dès qu'il s'agit de sortir des frontières de l'hexagone, mais sur celui de la DBahn et sur celui des chemins de fer suisse qui sont tous deux excellents et en français s'il-vous-plait !) des horaires de train qui me permettaient de ne pas y passer trop de temps (voyager de nuit sur le Paris-Vienne, ah ! le charme des wagons-couchette, l'Orient-Express, les films d'espion pendant la guerre froide, etc.). De toutes les personnes que je retrouvais sur place, j'étais le seul à avoir fait cet "effort" de prendre le train. Bon, ce n'était pas forcément évident pour les autres non plus (je pense aux portugais par exemple), mais quand même !

Plus récemment, c'est à Montpellier que je me suis rendu. Et là encore j'ai du batailler pour que le déplacement se fasse en train et non pas en soulevant la masse d'un, voire de deux, avion(s). Mais au final, ce temps passé dans le train a permis plus d'échange avec mes collègues et nous travaillons maintenant plus efficacement ensemble.

Fier de ces deux victoires sur l'avion, je me suis mis à claironner qu'en Europe on pouvait aller partout en train. Que l'avion était pour les fénéants, les hommes pressés et toux ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. D'ailleurs, JM Jancovici n'avait-il pas dit sur France Inter qu'il se déplaçait en train et n'utilisait jamais l'avion. Qu'il n'avait pas besoin d'aller aux Etats-Unis et que si ça s'imposait tout de même il était tout à fait possible de s'y rendre en bateau en 6 jous !

Mais voilà, la route est longue, les obstacles nombreux et les tentations grandes pour qui cherche à être économe en énergie. Ma prochaine mission est Séville.  toodoo-teedoo

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